Musique

CHANSONS ROUGES ET NOIRES

mercredi 16 mai 2018

Le Vauban • Brest

La chanson est, dit-on, un art mineur. Elle reste cependant un moyen incomparable pour évoquer en quelques minutes une atmosphère ou raconter une histoire. Tantôt, c’est la musique qui prime (au point de réduire les paroles à des “cha-ba-da” ou autres “scoubidous”) ; tantôt elle est au service d’un texte.

Entre la chanson douce – qui évoque plus qu’elle ne raconte – et la chanson “à message”, parfois ennuyeuse parce qu’elle veut absolument vous dire quelque chose – il y a un espace qu’on pourrait caractériser, en négatif, par l’expression "chanson non crétinisante" – un type de chanson qui laisse peu de place aux lieux-communs et aux images éculées. C’est ce type de chanson qu’on entendra.

Pour sa part, Bernard Lortat-Jacob fait vivre des êtres étranges et familiers : femmes à père, hommes à femmes, femmes à hommes, hommes à mère, séducteurs, séductrices, demi-mondaines, cœurs misérables, enfants mal grandis, etc. Dans cette anthologie de l’amertume, l’ironie est toujours là, en même temps que le jeu des mots. L’auteur nous laisse entrevoir que Brassens, Bobby Lapointe, Ferré et Paolo Conte sont ses maîtres – maîtres qu’il espère ne pas trop décevoir à travers ses célébrations d’afflictions partagées.

Bernard Lortat-Jacob se fait accompagner tantôt par un petit ensemble (exclusivement des amis) et, dans une forme plus réduite par Clément Robin qui, très subtilement, souligne à la guitare la beauté des spectres pour affiner le tout.

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